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Des variations du langage français depuis le XIIe siècle

Note 31 — PREMIÈRE PARTIE. DES CONSONNES. (continued 2)

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Le gouverneur de Guillaume le Conquérant se nommait Turold: «Turoldus tenera ætate pædagogus.» (Guillaume de Jumiéges, p. 268.) Rien n'empêche de le regarder comme le même Turold qui se déclare l'auteur de la chanson de Roland:

Ci falt la geste que Turoldus declinet. (St. 293, vers dernier.)

«Ici finit le poëme de Turold.»

L'abbé de la Rue place la composition du Roland avant 1130, et rien jusqu'ici ne contredit cette date. Turold aurait donc été l'Aristote d'un autre Alexandre, pour qui il aurait composé son poëme, ne pouvant lui faire lire l'Iliade. Dans un temps où l'antiquité était profondément ignorée, il est remarquable de rencontrer une mention de Virgile et d'Homère; c'est à la stance 195. Baligant, l'amiral du roi Marsile, était, dit Turold, plus vieux que Virgile et Homère:

Ço est l'amirail, le viel d'antiquitet; Tut survequist e Virgilie et Omer.

comme on dirait aujourd'hui: Plus vieux que Mathusalem.

Dans la tapisserie de Bayeux, ouvrage de Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant, on voit un personnage qui tient les chevaux durant l'entretien d'Harold et de Guidon; sur sa tête est tracé le nom TUROLDUS. Est-ce notre Turold? Il est difficile de prononcer.

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