Note 58 — DEUXIÈME PARTIE. DES VOYELLES.
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Roland fut ainsi nommé, parce qu'en venant au monde il roula jusqu'au bord de la caverne où sa mère Berthe, sœur de Charlemagne, lui donna le jour. Son père Milon rend compte à Berthe du motif de ce nom: «La prima volta ch'io lo vidi, si lo vidi io che il rotolava, e in franzoso è a dire rotolare, roorlare… Io voglio per rimemoranza che l' habbia nome Roorlando.» (I Reali di Franza, liv. VI, c. 55.)
«La première fois que je le vis, je le vis qui rotolait, et le mot italien rotolar, c'est en français rouler… Je veux qu'en commémoration il s'appelle Roulant.»
C'est donc Roulant, et non Roland, qu'il faudrait dire. Tout le moyen, âge a prononcé Rouland, conformément à la valeur de l'orthographe exposée page 57. Le hasard fait que, dans un manuscrit anglo-normand cité par M. Fr. Michel, ce nom se trouve écrit à la moderne, Roulant:
De Roulant u de Oliver Orrium mult plus volenters Ke ne frium, si cum jo quit, La passiun de Jesus Christ. (Chans. de Roland, p. 208.)
«Nous sommes, dit le bon trouvère, si feinz (si feignants), que nous entendrions, je pense, plus volontiers chanter les exploits de Rouland, d'Olivier et des douze pairs, que la passion de Jésus-Christ.»