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Des variations du langage français depuis le XIIe siècle

Note 134 — APPENDICE.

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M. Ampère ajoute: «Rien est le cas régime de res (chose), qui était le nominatif latin et provençal. Mais ici, comme bien souvent, la forme du régime l'a emporté sur la forme du nominatif, et on a dit rien dans les deux cas, pour rem et pour res.» (Form. de la lang. franç., p. 275.)

Cette phrase semblerait indiquer qu'on se soit jamais servi de la forme res en français. Assurément ce ne saurait être la pensée de l'auteur. Quant au cas régime rien, je n'accorderai pas plus celui-là que les autres. Je crois avoir montré que les substantifs français s'étaient formés, non pas du nominatif, mais de l'accusatif latin (p. 194); rien est donc venu directement de rem par suite de l'usage établi, et nullement par suite d'aucune déclinaison française.

Ainsi, j'expliquerai le mot asne par asinum, asine, et, en contractant, asne; et non, comme le veut M. J. J. Ampère (p. 239), par la métamorphose de l'u en e muet. M. Ampère, pour dériver arbre d'arbor, est obligé de poser en règle que l'o final se changeait parfois en e muet; pour tirer utile du nominatif utilis, il est réduit à opérer une nouvelle métamorphose de l'i en e muet. Cela fait bien des règles, et qui paraissent improvisées pour le besoin du moment. N'est-il pas plus simple de n'en avoir qu'une? Arborem s'est contracté en arbre, et utile vient d'utilem, par le seul rejet de la consonne finale.

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