Note 21 — PREMIÈRE PARTIE. ORIGINE DES POSTES.
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Il faut dire aussi, que, de leur côté, les peuples anciens conservaient un respect religieux pour la correspondance. L’histoire rapporte que les Athéniens on donnèrent un exemple en laissant parvenir les lettres que Philippe écrivait à Olympie. Après une grande fermentation dans sa patrie et une guerre civile, Pompée eut la générosité et la magnanimité de livrer au feu toutes les lettres qui auraient pu entretenir le souvenir d’événemens si funestes. Quand on voit les nations modernes les imiter si scrupuleusement, on ne sait ce qui surprend le plus, ou de la discrétion des courriers, ou de la confiance de ceux qui les rendent dépositaires de leurs secrets, en n’opposant à la curiosité que d’aussi faibles obstacles. Cette réserve d’un côté, et cet abandon de l’autre, ne nous étonnent plus. L’habitude a pu seule nous familiariser avec une semblable merveille. Mais l’inviolabilité des lettres, à laquelle les postes doivent leur prospérité, est la base inébranlable sur laquelle elles reposent. Fondées sur le mystère, maintenues par le respect pour la pensée, elles ne sont point au nombre de ces institutions éphémères, dont la durée est si fragile : leur existence n’a de bornes que celles de la société.