Note (retour) — DE LA LITTÉRATURE DES NÈGRES.
Reading edition
Moreau-Saint-Méry, et une foule d'autres écrivains, nous disent que les Négresses et les Mulâtresses sont recommandables par leur tendresse maternelle, par leur charité compatissante envers les pauvres202. On en trouvera des preuves dans une anecdote qui n'a pas encore acquis toute la publicité dont elle est digne. Le voyageur Mungo-Park alloit périr de besoin au milieu de l'Afrique; une Négresse le recueille, le conduit chez elle, lui donne l'hospitalité, et assemble les femmes de sa famille qui passèrent une partie de la nuit à filer du colon, en improvisant des chansons pour distraire l'homme blanc, dont l'apparition dans ces contrées étoit une nouveauté: il fut l'objet d'une de ces chansons qui rappelle cette pensée d'Hervey, dans ses Méditations: Je crois entendre les vents plaider la cause du malheureux203. Voici cette pièce: «Les vents mugissoient, »et la pluie tomboit; le pauvre »homme blanc, accablé de fatigue, vient »s'asseoir sous notre arbre; il n'a pas de mère »pour lui apporter de lait, ni de femme pour »moudre son grain»; et les autres femmes chantoient en coeur: «Plaignons, plaignons »le pauvre homme blanc; il n'a pas de mère »pour lui apporter son lait, ni de femme »pour moudre son grain204».