Note 3 — PRÉFACE.
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Il paroît certain qu’Alexandre-le-Grand a été fort calomnié par cette poignée de Grecs qu’il emmena avec lui, et qui étoit fort mécontente de la durée de ses expéditions. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il a laissé chez les orientaux une réputation de magnanimité qui dure encore, et que tous les livres orientaux lui prodiguent les plus grands éloges, et dans ce genre, le témoignage des vaincus n’est jamais suspect.
Alexandre adopta toujours les usages des nations conquises durant tout le temps qu’il séjourna dans leurs villes. A son retour, les Grecs dirent qu’il s’étoit fait adorer comme un Dieu en Perse, parce qu’on se mettoit à genoux devant lui, et qu’il donnoit à cette cérémonie le nom d’adoration ; mais on sait par les livres saints que dans toutes les langues orientales le mot adoration signifie, appliqué au prince, faire sa cour. On voit dans la Bible les prophètes eux-mêmes allant parler à quelques rois, pour les reprendre avec énergie de leurs déréglemens ; on voit ces prophètes dire, en se rendant au palais, qu’ils alloient adorer le roi. Quant aux genoux en terre, cette attitude n’étoit qu’une étiquette ; on le suivoit de nos jours pour les rois d’Espagne et d’Angleterre, et l’on n’a jamais pris cette démonstration pour un culte semblable à celui qu’on doit à la Divinité.
Un travail bien digne d’un littérateur savant dans l’histoire, seroit d’y chercher tous les grands hommes calomniés et de les justifier par des faits et des preuves irrécusables.