Note 90 — CHAPITRE XXII. Suite du précédent.
Reading edition
De toutes les modes que le caprice a jamais inventées, la nouvelle écriture anglaise est certainement la plus ridicule, car il est absolument impossible d’en imaginer une raison bonne ou mauvaise. Est-ce pour donner à l’écriture le premier de tous les mérites, celui d’être parfaitement lisible ? Au contraire, cette mode, en confondant toutes les lettres, rend les caractères tout-à-fait illisibles : par exemple, on prend toujours au premier coup-d’œil l’n majuscule pour un h, et le p pour un f, etc. Est-ce pour la rendre plus belle ? Point du tout. Car elle gâte la plus jolie écriture. Est-ce donc pour offrir le petit mérite de la difficulté vaincue ? Pas davantage. Ces inutiles et doubles longues queues en l’air, qui ressemblent à des piques, ne demandent de l’écrivain ni habileté, ni la moindre adresse de la main. Et cette mode fantasque rend surannées les écritures si lisibles, si belles, de nos grands maîtres dans cet art, de Roland, de Tardieu, d’Oudart, etc., et de tous leurs écoliers !…