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De l'emploi du temps

Note 46 — CHAPITRE XI. Des Œuvres posthumes et des Testamens.

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Si l’on trouve ce jugement trop rigoureux, qu’on se rappelle que J.-J. Rousseau, qui ne se piquoit ni d’être conséquent, ni d’avoir de la mémoire, a dit aussi ingénument de lui-même ce qui suit :

« Dire et prouver également le pour et le contre, tout persuader et ne rien croire, a de tout temps été le jeu favori de mon esprit ; je ne regarde aucun de mes livres sans frémir ; au lieu d’instruire je corromps ; au lieu de nourrir j’empoisonne ; mais la passion m’égare, et avec tous mes beaux discours, je ne suis qu’un scélérat. »

Rousseau (comme je l’ai remarqué ailleurs) n’est pas le premier qui se soit piqué d’écrire des mémoires avec une cynique sincérité : beaucoup d’autres avant lui ont eu cette prétention, entre autres le philosophe Cardan, qui dit de lui-même qu’il est fourbe, méchant, calomniateur, etc. Jérôme Cardan, médecin et géomètre, naquit à Pavie en 1501 : on croit que sa naissance étoit illégitime. Il se mêloit d’astrologie ; on dit qu’il se laissa mourir de faim afin d’éviter la honte d’avoir faussement prédit sa mort. Son fils aîné eut à vingt-six ans la tête tranchée pour avoir empoisonné sa femme. Le père et le fils furent accusés d’athéisme.

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