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De l'emploi du temps

Note 45 — CHAPITRE XI. Des Œuvres posthumes et des Testamens.

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Les mémoires dont je parle prétendent prouver la corruption du siècle dernier, et je le répète, ils ne prouvent que celle du temps où nous vivons, par les mensonges extravagans, ridicules ou atroces qu’ils contiennent. L’animosité, la haine de la cour et de la noblesse en ont fait de véritables libelles ; car malheureusement ils ont successivement passé dans des mains infidèles, qui les ont entièrement défigurés en les mutilant et en y insérant une infinité de choses qui n’y étoient point ; c’est de quoi je puis particulièrement répondre relativement aux mémoires de M. le duc de Lauzun, dont j’ai lu les originaux : cet ouvrage étoit frivole, et à beaucoup d’égards peu digne de son auteur ; mais du moins il n’étoit point souillé par un nombre prodigieux d’anecdotes mensongères, scandaleuses et du plus mauvais ton, et on y rendoit une éclatante justice au caractère et aux vertus angéliques de madame de Lauzun ; je puis assurer encore que les indignes mémoires attribués à feu le baron de Buzenval sont entièrement composés par l’éditeur, qui les a remplis de contes absurdes et des plus noires calomnies. M. de Buzenval, qui étoit Suisse, parloit avec agrément le françois, mais n’étoit pas en état d’écrire passablement dans cette langue un billet de trois lignes. Mon indignation sur les mémoires dont il s’agit est d’autant moins suspecte que je n’y suis désignée d’aucune manière injurieuse. Je pourrois citer encore beaucoup d’autres mémoires modernes, dans lesquels la justice et la vérité sont également outragées, et qui ne font pas mention de moi ; mais j’ai placé la justification des gens qu’ils attaquent avec indignité dans un ouvrage qui ne paroîtra qu’après ma mort ; j’y justifie aussi quelques personnes qui ont toujours été mes ennemis, c’est un hommage que je devois rendre à la vérité. J’ajouterai seulement ici, qu’il seroit bien injuste de juger la société d’autrefois sur les mémoires licencieux, et de si mauvais ton de personnes qui n’ont jamais été admises dans la bonne compagnie ; les révoltans mémoires de madame d’Épinay sont de ce nombre.

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