Note 64 — POST-SCRIPTUM DE 1854 AVEC LA RELATION DES ASSASSINATS DE WILLIAMS ET DES MAC-KEAN (continued 2)
André Fontainas translation
En publiant « de l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts », je me suis cru obligé de revenir sur Williams, le redoutable assassin de Londres, de la génération précédente, non seulement parce que les amateurs ont tant insisté sur ses mérites d’artiste suprême aussi bien pour la grandeur du dessein que pour l’ampleur du style, non-seulement parce que, mis à part l’intérêt momentané qu’y attache mon ouvrage, l’homme en lui-même méritait un souvenir pour son audace incomparable combinée avec une telle subtilité de serpent et aussi l’amabilité insinuante de ses façons ; — mais encore parce que, outre l’homme, les œuvres de l’homme (les deux, surtout qui firent une si grande impression sur la nation en 1812) furent par elles-mêmes les plus impressionnantes dont on se souvienne. Southey en exprimait bien la supériorité, lorsqu’il m’a dit qu’elles prenaient place au nombre des rares événements domestiques qui, pour la profondeur et l’étendue de l’horreur, s’étaient haussés à la dignité d’un intérêt national. Je dois ajouter que cet intérêt était accrû par le mystère qui enveloppait ces assassinats : mystère touchant plusieurs points, mais spécialement en ce qui concernait une question importante : l’assassin avait-il des complices ?[65] Il y a donc de nombreux motifs tant dans le caractère infernal de l’homme que dans le mystère qui l’environne, pour justifier ce post-scriptum à l’écrit original. De plus, après un laps de quarante-deux années, l’homme et ses actes se sont effacés de la connaissance de la génération présente. Néanmoins, je sens que ma relation est beaucoup trop prolixe. Je l’ai senti au moment même où je l’écrivais, mais il m’a été impossible d’y rien corriger, tant je pouvais peu exercer de contrôle sur les agitations affligeantes et l’impatience insurmontable de ma maladie nerveuse. (Note de De Quincey.)