Note 13 — M. DE STENDHAL[4] ŒUVRES COMPLÈTES
Reading edition
L'anecdote qu'on va lire est authentique, et je la tiens d'original: «On sait que Balzac admirait Beyle à la folie pour sa Chartreuse de Parme et qu'il l'a loué à mort dans sa Revue Parisienne. Beyle, vers ce temps, revenait de Rome, de Civita-Vecchia, à Paris, et dans le premier moment, craignant le ridicule, il fut tout confus d'un pareil éloge si exorbitant: il ne savait où se cacher. Cependant il vit Balzac et ne lui sut pas mauvais gré d'avoir été ainsi bombardé grand homme. Vers ce temps, Beyle vendait à la Revue des Deux Mondes une série de nouvelles italiennes qu'il se proposait de faire et dont il n'y eut qu'une ou deux d'achevées. Il reçut pour cela la somme de 3.000 francs. Or, à sa mort, on trouva dans ses papiers la preuve que ces 3.000 francs avaient été donnés ou prêtés par lui à Balzac qui fut ainsi payé de son éloge: un service d'argent contre un service d'amour-propre. M. Colomb, ami intime de Beyle, et qui eut à mettre en ordre ses papiers, a lui-même certifié le fait.»—Et moi je n'ajouterai qu'un mot qui est celui du poète de la Métromanie:
Ce mélange de gloire et de gain m'importune!