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Cours familier de Littérature - Volume 24

Note 15 — CXLIIIe ENTRETIEN LITTÉRATURE COSMOPOLITE LES VOYAGEURS

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Le fleuve qu'on a fait entrer dans celui de Zenderoud s'appelle Mamhoud Kèr[15]. Les montagnes dont il sort sont de roche vive, assez égales et assez unies, entr'ouvertes çà et là par des ventouses ou soupiraux pour donner passage aux vents, comme l'on en voit aux murs des bastions en quelques pays. L'eau, en plusieurs endroits, coule au travers des montagnes, entre autres, l'on voit une ouverture de la grosseur de quatre tonneaux en rond, par où elle sort comme par un tuyau, tombant dans un grand bassin, et très-profond, fait dans le roc, soit par la chute de l'eau même, soit par artifice, d'où elle se répand dans la plaine, et se rend dans le lieu qui la conduit à celui de Zenderoud. En montant au-dessus de la montagne, à l'endroit de cette grande ouverture, on voit, par un soupirail qu'a formé la nature, l'eau dans le sein de la montagne, semblable à un lac dormant, qui n'a point de fond: car en jetant des pierres dedans, on entend le retentissement du son répercuté dans les concavités avec un fort grand bruit. L'eau en fait aussi un fort grand en tombant le long du rocher, pour se rendre dans son canal; et c'est d'où est venu le nom de ce fleuve, qui signifie Mahmoud le Sourd, parce qu'on ne s'entend pas auprès de cette sortie et chute d'eau. On tient que ce n'est pas eau de source, mais eau de neige, qui en fondant distille à travers les rochers dans ce lac enfermé; et on le juge ainsi, parce qu'en mettant de cette eau sur la langue, on y trouve de l'acrimonie et que l'on n'en est pas désaltéré quand on en boit; mais elle perd cette qualité en se mêlant dans le fleuve de Zenderoud.

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