Note 13 — CXLIIIe ENTRETIEN LITTÉRATURE COSMOPOLITE LES VOYAGEURS
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Elle est bâtie le long du fleuve de Zenderoud, sur lequel il y a trois beaux ponts, dont je ferai la description ci-dessous: l'un qui répond au milieu de la ville, et les deux autres aux deux bouts, à droite et à gauche. Ce fleuve de Zenderoud (Zendéh-roùd) prend sa source dans les montagnes de Jayabat, à trois journées de la ville, du côté du nord, et c'est un petit fleuve de soi-même; mais Abas le Grand y a fait entrer un autre fleuve beaucoup plus gros, en perçant, avec une dépense incroyable, des montagnes qui sont à trente lieues d'Ispahan, qu'on prétend être les monts Acrocerontes[13], de manière que le fleuve de Zenderoud est aussi gros à Ispahan, durant le printemps, que la Seine l'est à Paris durant l'hiver; mais c'est au printemps seulement que cela arrive, parce qu'alors ce fleuve grossit par les neiges qui fondent, au lieu que dans les saisons suivantes, on le saigne de toutes parts pour lui faire arroser par des rigoles les jardins et les terres. Ce fleuve se jette sous terre entre Ispahan et la ville de Kirman, où il reparaît, et d'où il va se rendre dans la mer des Indes[14]. L'eau en est fort légère et fort douce partout, et cependant on ne se donne pas la peine à Ispahan d'en aller quérir, quoique tout le monde, généralement parlant, ne boive que de l'eau pure, parce que chacun boit l'eau de son puits, qui est également douce et légère; assurément, on n'en saurait boire nulle part de plus excellente.