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Cours familier de Littérature - Volume 24

Note 7 — CXLIIe ENTRETIEN LITTÉRATURE COSMOPOLITE LES VOYAGEURS

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Ces gens-là sont les plus grands dépensiers du monde, et qui songent le moins au lendemain, comme je viens de le dire. Ils ne sauraient garder de l'argent, et quelque fortune qui leur arrive, ils dépensent tout en très-peu de temps. Que le roi donne, par exemple, cinquante ou cent mille livres à quelqu'un, ou que quelque somme aussi bonne lui vienne d'autre part, il l'emploie en moins de quinze jours. Il achète des esclaves de l'un et de l'autre sexe; il loue de belles femmes; il fait un bel équipage; il se meuble ou s'habille somptueusement, et consomme le tout si vite, sans aucun égard à la suite, ou combien cela durera, que, s'il ne vient pas de nouveaux secours, en deux ou trois mois, l'on voit sûrement qu'au bout de ce court terme notre cavalier se remettra à revendre tout ce bien pièce à pièce, commençant par se défaire de ses chevaux, renvoyant après ses domestiques les moins nécessaires, puis ses concubines et ses esclaves, et enfin vendant jusqu'à ses habits. J'ai vu mille exemples de cette conduite, et un qui est étonnant, entre les autres, en la personne d'un eunuque, qui avait été longtemps mehter ou grand chambellan[7], et durant deux ans le favori reconnu et tout-puissant, disposant et commandant, comme s'il eût été le roi de Perse, et qui par conséquent pouvait amasser des trésors immenses. Cet eunuque fut disgracié, sans néanmoins qu'on touchât à ses biens en aucune façon. Mais deux mois se furent à peine écoulés depuis sa disgrâce, qu'il se trouva réduit à emprunter sur gages, son crédit étant déjà fini et son argent. Ce n'est pas qu'il n'eût acquis une infinité de biens, mais c'est qu'il les avait dissipés à mesure qu'il les acquérait.

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