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Cours familier de Littérature - Volume 23

Note 24 — CXXXIIIe ENTRETIEN LITTÉRATURE RUSSE

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J'allai le voir peu de temps avant sa mort; il pouvait à peine marcher. Le propriétaire chez lequel il avait demeuré jusqu'alors, M. Gour Kroupianikoff, daignait ne point le renvoyer, mais il ne lui donnait plus d'appointements. Il avait pris un autre maître pour Zuzu; quant à Fofa, on venait de le faire entrer aux Cadets[24]... Avenir était assis près de la fenêtre, dans un fauteuil à la Voltaire. Le temps était beau quoiqu'on fût déjà en plein automne; un ciel pâle, mais limpide se montrait gaiement à travers les branches d'une rangée de tilleuls entièrement dépouillés de verdure, qui avaient encore gardé ça et là quelques dernières feuilles d'un jaune vif que le vent agitait par moment. La terre, qui avait été saisie par la gelée pendant la nuit, se couvrait d'humidité aux rayons du soleil dont les rayons obliques glissaient sur l'herbe pâlie. L'air était d'une sonorité surprenante; on entendait distinctement la voix des ouvriers qui travaillaient dans le fond du jardin. Avenir était enveloppé dans une vieille robe de chambre boukhare[25]: une cravate de soie verte donnait à sa figure, qui était d'une maigreur effrayante, une teinte cadavérique. Il m'accueillit avec joie, et me tendant la main, il allait me parler lorsqu'une quinte de toux l'arrêta. Je lui donnai le temps de se reposer et m'assis à côté de lui. Il avait sur les genoux un cahier rempli de poésies copiées avec le plus grand soin: c'étaient les Œuvres de Koltsoff. Il frappa le cahier de la main et sourit.—Voilà un poëte!—me dit-il d'une voix éteinte, et retenant sa toux avec effort, il commença à réciter la strophe suivante:

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