Note 21 — CXXXIIIe ENTRETIEN LITTÉRATURE RUSSE
Reading edition
L'isba du forestier se composait d'une seule chambre, et celle-ci avait une assez triste apparence; elle était basse, enfumée, dégarnie des ustensiles que l'on rencontre ordinairement chez le paysan: on n'y voyait ni cloisons ni soupente. Un touloupe déchiré pendait au mur: plus loin, sur le banc, était couché un fusil, et un tas de chiffons étaient amoncelés dans un coin. Deux grands pots placés près du poêle complétaient cet ameublement qu'éclairait la lueur vacillante d'une loutchina[21] qui brûlait sur la table. Au milieu de la chambre pendait un berceau fixé à l'extrémité d'une longue gaule. La petite fille éteignit la lanterne, s'assit sur un escabeau, et se mit à balancer le berceau d'une main, tout en ravivant de l'autre la flamme de la loutchina. Je promenai mes regards dans la chambre: le spectacle qu'elle offrait m'affecta profondément: rien de plus triste que l'intérieur d'une isba de paysan pendant la nuit. L'enfant qui était couché dans le berceau respirait péniblement.