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Cours familier de Littérature - Volume 21

Note 6 — CXXIe ENTRETIEN.

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«Ce matin, allant dîner chez Gœthe, j'appris en route que la grande-duchesse mère venait de mourir. Quel effet cette mort va-t-elle faire sur Gœthe à un âge si avancé? telle fut ma première pensée, et ce n'est pas sans un peu d'appréhension que je pénétrai dans la maison. Les domestiques me dirent que sa belle-fille venait d'entrer chez lui pour lui annoncer la triste nouvelle. «Voilà plus de cinquante ans, me disais-je, qu'il est lié avec cette princesse; il jouissait de toute sa faveur; sa mort va l'affecter profondément.» C'est avec ces pensées que j'entrai; mais je ne fus pas peu surpris de le voir assis à table, auprès de son fils et de sa belle-fille, parfaitement serein, sans abattement, et mangeant sa soupe comme si rien absolument ne s'était passé. La conversation fut enjouée et variée; toutes les cloches de la ville cependant commençaient à retentir; madame de Gœthe me regardait; nous parlions à haute voix, pour éviter que ces sons de mort ne l'ébranlassent douloureusement, car nous pensions qu'il partageait nos émotions. Mais il était au milieu de nous comme un être d'une nature supérieure, que les souffrances de la terre ne touchent pas. Son médecin, M. Vogel, entra, s'assit auprès de nous et raconta les circonstances de la mort de la princesse, que Gœthe écouta sans sortir de sa tranquillité et de son calme parfaits. Vogel partit, nous reprîmes le dîner et la conversation. On parla du Chaos[6], et Gœthe loua comme excellentes les considérations sur le jeu que renferme le dernier numéro. Après le départ de madame de Gœthe et de ses enfants, je restai seul avec Gœthe. Il me parla de sa Nuit classique de Walpurgis, me disant qu'il avançait tous les jours, et que cette composition étrange réussissait au-delà de son attente. M. Soret arriva, apportant des compliments de condoléance de la part de la duchesse régnante.

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