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Cours familier de Littérature - Volume 20

Note 22 — CXXe ENTRETIEN.

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«—Pour les flèches, j'avais, en revenant de la campagne de 1814, rapporté avec moi un modèle du Brabant. Là, le tir à l'arc est général. Il n'y a pas si petite ville qui n'ait sa société d'archers. Ils ont leur tir dans des cabarets, comme nous y avons des jeux de quilles, et ils se réunissent d'habitude vers le soir dans ces endroits où je les ai regardés souvent avec le plus grand plaisir. Quels hommes bien faits! et quelles poses pittoresques, quand ils tirent la corde! Comme toutes leurs énergies se développent, et quels adroits tireurs ce sont! Ils tiraient habituellement, à une distance de soixante ou quatre-vingts pas, sur une feuille de papier collée à un mur d'argile détrempée; ils tiraient vivement l'un après l'autre et laissaient leurs flèches fixées au but. Et il n'était pas rare que sur quinze flèches cinq eussent touché le rond du milieu, large comme un thaler; les autres étaient tout à côté. Quand tout le monde avait tiré, chacun allait reprendre sa flèche et on recommençait le jeu. J'étais alors si enthousiaste de ce tir à l'arc, que je pensais que ce serait rendre un grand service à l'Allemagne que de l'y introduire, et j'étais assez sot pour croire que ce fût possible. Je marchandai souvent un arc, mais on n'en vendait pas au-dessous de vingt francs, et où un pauvre chasseur pouvait-il trouver une pareille somme? Je me bornai à une flèche, comme l'instrument le plus important et travaillé avec le plus d'art; je l'achetai dans une fabrique de Bruxelles pour un franc, et avec un dessin, ce fut le seul butin que je rapportai dans mon pays[22].

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