Note 6 — CXVIIIe ENTRETIEN.
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«J'avais trouvé un nid de ce gobe-mouche à couleur terne, accroché contre le mur, immédiatement au-dessus de l'espèce d'arche qui servait d'entrée à cette paisible retraite. Je regardai dedans: il était vide, mais propre et en bon état, comme si les propriétaires absents comptaient y revenir avec le printemps.—Déjà sur chaque tige les bourgeons étaient gonflés; quelques arbres même se paraient de fleurs; mais la terre était encore couverte de neige, et, dans l'air, on sentait toujours le souffle glacial de l'hiver. Un matin, de bonne heure, je vins à ma grotte: les rayons brillants du soleil coloraient de riches teintes chaque objet autour de moi. Quand j'entrai, un bruit sourd au-dessus de ma tête me fit me retourner, et je vis s'envoler deux oiseaux qui furent se reposer tout près de là.—Les pewees étaient arrivés!—J'en ressentis une vive joie; et, craignant que ma présence ne troublât le joli couple, je sortis, non sans jeter souvent un regard en arrière. Ils étaient sans doute arrivés tout nouvellement, car ils paraissaient bien fatigués. On n'entendait point leur note plaintive; leur huppe n'était pas redressée et les vibrations de leur queue, si remarquables dans cette espèce, semblaient faibles et languissantes. Il n'y avait encore que peu d'insectes, et je jugeai que l'affection qu'ils portaient à ce lieu avait dû, bien plus qu'aucun autre motif, déterminer leur prompt retour. À peine m'étais-je éloigné de quelques pas, que tous deux, d'un même accord[6], ils glissaient de leur branche pour entrer dans la caverne. Je n'y revins plus de tout le jour, et, comme je ne les aperçus ni l'un ni l'autre aux environs, je supposai qu'ils devaient avoir passé la journée entière dans l'intérieur. Je conclus aussi qu'ils avaient gagné ce bienheureux port, soit de nuit, soit tout à fait à la pointe du jour. Des centaines d'observations m'ont prouvé, depuis, que cette espèce émigre toujours pendant la nuit.