Note 11 — CXIXe ENTRETIEN.
Reading edition
«Ce matin, j'ai dîné pour la première fois avec Gœthe, mademoiselle Ulrike[11] et le petit Walter; nous étions donc tout à fait à l'aise, et entre nous. J'ai vu Gœthe là tout à fait comme père de famille; il nous présentait les plats, découpait le rôti, et cela très-adroitement, sans oublier de nous verser à boire. Nous bavardions gaiement sur le théâtre, sur les jeunes Anglais de Weimar, et sur les petits incidents du jour. Mademoiselle Ulrike surtout était très-gaie et très-amusante. Gœthe était assez silencieux, et il se bornait à introduire çà et là quelques remarques significatives; en même temps il jetait un coup d'œil sur les journaux, nous lisant les passages les plus saillants, et surtout ceux qui parlaient des progrès de la révolution grecque. On vint à dire que je devrais apprendre l'anglais. Gœthe m'y engagea fortement, surtout à cause de lord Byron, homme selon lui d'une telle supériorité, qu'une pareille ne s'est pas rencontrée et sans doute ne se rencontrera pas de nouveau. On chercha quels étaient les meilleurs professeurs de la ville; mais on trouva que tous avaient une prononciation défectueuse, et on conclut qu'il valait mieux se borner à la conversation avec les jeunes Anglais qui habitent ici.»