← Table of contents
Cours familier de Littérature - Volume 17

Note 3 — XCVIIe ENTRETIEN.

Reading edition

«Je restai à Pise jusqu'à la fin d'août 1785, mais sans y rien écrire depuis ces notes; je me bornai seulement à faire recopier les dix tragédies imprimées et à mettre à la marge beaucoup de changements qui alors me parurent suffire. Mais quand plus tard je m'occupai de ma réimpression de Paris, je les trouvai plus qu'insuffisants, et il fallut alors en ajouter quatre fois autant pour le moins. Au mois de mai de cette même année, je me donnai à Pise le divertissement du jeu du pont[3], spectacle admirable, où l'antique se mêle à je ne sais quoi d'héroïque. Il s'y joignit encore une autre fête fort belle aussi dans son genre, l'illumination de la ville entière, comme elle a lieu, tous les deux ans, pour la fête de saint Ranieri; ces deux fêtes furent alors célébrées ensemble, à l'occasion du voyage que le roi et la reine de Naples firent en Toscane pour y visiter le grand-duc Léopold, beau-frère de ce roi. Ma petite vanité eut alors de quoi se trouver satisfaite, car on distingua surtout mes beaux chevaux anglais qui l'emportaient en force, en beauté, sur tous ceux qu'on avait pu voir en pareille rencontre; mais, au milieu d'une jouissance si puérile et si trompeuse, je vis, à mon grand désespoir, que dans cette Italie morte et corrompue il était plus facile de se faire remarquer par des chevaux que par des tragédies.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings