Note 14 — XCIXe ENTRETIEN.
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Le duc Alexandre de Médicis le reçut bien, il lui confia les dessins de ses monnaies et lui fit faire son portrait. Dans l'intimité de ses rapports il vit plusieurs fois le duc Alexandre de Médicis dormant seul dans sa chambre en compagnie de son cousin Laurenzino de Médicis, qui rêvait déjà l'assassinat du grand-duc. Laurenzino favorisait les vices d'Alexandre. Il se faisait, comme Brutus, passer pour idiot et pour lâche, mais, sous prétexte d'un rendez-vous secret donné par une belle dame de Florence, dont il savait Alexandre épris, il l'entraîna seul la nuit dans le piége, le poignarda et s'enfuit à Ferrare. Alexandre, dans un de ses entretiens avec Benvenuto, pria Laurenzino de se joindre à lui pour l'engager à ne pas retourner à Rome. Laurenzino, dit Benvenuto, s'y employa très-froidement, en regardant le duc de mauvais œil. Lorsque j'eus fini mon modèle, je l'enfermai dans une petite boîte, et je dis au duc: Que Votre Excellence soit tranquille, je lui ferai une médaille plus belle que celle du pape Clément, parce que la sienne était la première que j'eusse faite; et Mgr Laurent, qui a de l'esprit et de la science, me donnera l'idée d'un revers qui soit digne de vous. Le duc sourit, et ayant regardé Laurent: Vous lui donnerez un revers, lui dit-il, et il ne partira point. Celui ci répondit sur-le-champ: Je vous en donnerai un[14] qui surprendra tout le monde. Le duc, qui le tenait tantôt pour un fou et tantôt pour un poltron, se mit à rire, et s'enfonça dans son lit. Ayant ensuite appris que j'étais parti malgré lui, il m'envoya cinquante ducats d'or à Sienne, où m'atteignit un de ses serviteurs, qui me dit, de la part de Laurent, qu'il me préparait un beau revers pour mon retour.