Note 20 — Ce ENTRETIEN.
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Je croyais avoir bien fait de parler ainsi; mais il en résulta le contraire de ce que j'attendais, parce que la duchesse, quoiqu'un peu fâchée contre moi, avait un excellent esprit et un bon cœur. J'étais lié, dans ce temps-là, avec Jérôme Albizzi, commissaire de l'infanterie, qui me dit qu'il voulait m'accorder avec le duc, et que je ne devrais point pousser les choses au point de l'irriter contre moi. Comme j'avais appris que l'on avait dit au duc que, pour un quatrain[20], je mettrais en pièces mon Persée, et qu'ainsi tout serait fini, je m'en rapportai à Jérôme Albizzi, qui m'assura que je serais content, et que je resterais dans les bonnes grâces de Son Excellence. Cet homme, qui s'entendait mieux en soldats qu'aux choses de l'art, alla parler au duc, qui, de son côté, s'en remit à son jugement. Il pensa donc que trois mille cinq cents écus suffiraient pour me dédommager de mes travaux, et que je serais bien récompensé. Il m'écrivit là-dessus une lettre que le duc souscrivit. Que l'on juge du plaisir que j'eus à la recevoir! La duchesse, l'ayant su, ne put s'empêcher de dire que, si je m'en étais rapporté à elle, j'aurais eu cinq mille écus d'or. M. Alamanni Salviati, qui était présent, me répéta ces paroles, et se moqua de moi en disant que je n'avais que ce que je méritais.