Note 10 — CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
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Note 10: La stricte exactitude historique, et même philosophique, exigerait peut-être que l'on fît commencer une telle série par cet art, plus spontané et plus primitif qu'aucun autre, qui, intimement lié au langage mimique, dont il ne constitue qu'une sorte d'exagération naturelle, à peu près comme la musique envers la parole, offre, avec tant d'évidence, dans les moindres degrés de la vie sauvage, le premier moyen d'expression animée, et jusqu'à un certain point idéalisable, de nos sentimens individuels ou sociaux, et surtout de nos passions les plus énergiques. Mais un tel art, essentiellement tombé en désuétude, depuis que le langage d'action a dû perdre graduellement presque toute son importance initiale, doit être de plus en plus envisagé comme éteint, si ce n'est à titre de simple auxiliaire subalterne de la plupart des autres; ainsi que le témoigne clairement, malgré tant d'encouragemens systématiques, sa misérable réduction, chez les modernes, à une froide et stérile combinaison de signes essentiellement conventionnels, devenus presque inintelligibles pour ceux même qui les assemblent, et où les cervelets émoussés trouvent seuls habituellement une stimulation réelle, bien qu'accessoire. Il y a long-temps, sans doute, que l'idéalisation des sentimens humains ne s'exprime plus que par des moyens plus parfaits et plus nobles; quoique leur développement ait dû être, en effet, postérieur, cette circonstance ne saurait désormais être prise en considération que dans un traité tout spécial sur l'ensemble de révolution esthétique de l'humanité.