Note 35 — CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON. (continued 3)
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Note 35: A l'ordre d'aberrations morales signalé dans le texte, on pourrait joindre aussi la tendance directement immorale qui caractérise certaines opinions théologiques propres aux principaux chefs de l'ébranlement protestant, et consacrées même ultérieurement par leur incorporation plus ou moins explicite à la doctrine officielle. Telles sont surtout les obscures divagations de la théologie luthérienne sur le mérite suffisant de la foi indépendamment des œuvres, d'après le dogme étrange de l'inadmissibilité de la justice, et pareillement les sophismes, non moins dangereux, de la théologie calviniste sur la prédestination des élus. Mais j'ai cru devoir me borner à considérer spécialement les aberrations morales qui constituaient immédiatement la suite nécessaire et universelle de la situation fondamentale, en écartant d'ailleurs les innombrables déviations qui ne résultaient que de l'espèce d'anarchie intellectuelle consacrée par le protestantisme. Toutefois, la direction générale de ces dernières aberrations, tendant presque toujours à tempérer la sévérité des règles morales au lieu de l'exagérer, peut être justement rattachée à la nouvelle situation sociale, qui, en subalternisant radicalement le pouvoir spirituel, devait l'entraîner à des concessions incompatibles avec l'inflexible pureté des principes moraux, et seulement dictées par les besoins de l'existence dépendante propre au sacerdoce protestant. Sous ce rapport, l'abaissement politique du catholicisme l'a nécessairement conduit, dans les trois derniers siècles, à de semblables condescendances pratiques, mais à un degré beaucoup moins prononcé, et surtout sans jamais aller directement jusqu'à l'altération publique des règles morales elles-mêmes, qu'il nous a du moins transmises parfaitement intactes, par la sage résistance qu'il a souvent opposée, à cet égard, à de puissantes obsessions temporelles.