Note (retour) — PHILOSOPHIE POSITIVE,
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La longue période déjà écoulée depuis la production primordiale de ma philosophie politique, m'a souvent procuré des confirmations d'une autre sorte, et non moins précieuses, que je dois également indiquer ici, par la tendance irrécusable et incessamment croissante, quoique jusqu'à présent toujours très partielle, de la plupart des penseurs contemporains vers une philosophie analogue. Dans le cours de ces seize années, on n'a guère publié, j'ose le dire, d'ouvrages politiques de quelque portée, du moins en France, qui n'aient offert d'évidens témoignages de cette incomplète convergence, soit qu'elle ait spontanément résulté d'un même sentiment fondamental de nos principales nécessités sociales, sentiment toutefois bien rare et très vague jusqu'alors, soit que l'influence inaperçue ou dissimulée de mes premiers travaux ait, en effet, graduellement contribué à la produire 2. Mais, dans l'un et l'autre cas, des inconséquences capitales et multipliées auraient pu, d'ordinaire, hautement dévoiler le défaut d'homogénéité on d'originalité d'une semblable direction, chez ceux même qui d'abord paraissaient l'avoir le mieux suivie. Quoique tous les aspects essentiels de ma philosophie sociale aient peut-être été déjà saisis isolément par quelques intelligences, ce qui m'autorise à croire à son opportunité, en me procurant certains points de contact avec les opinions les plus opposées, cependant je reste, malheureusement, encore le seul jusqu'ici en possession pleinement efficace du principe fondamental et du système rationnel de cette nouvelle doctrine. Envers tant d'éminens esprits qui, de nos jours, se sont sérieusement occupés de la rénovation des théories sociales, cette différence radicale doit, sans doute, tenir surtout à ce que aucun d'eux n'a pu avoir, comme moi, l'avantage, en quelque sorte accidentel, et néanmoins si important, d'être directement placé, par l'ensemble de son éducation, au seul point de vue intellectuel d'où l'on puisse aujourd'hui découvrir la véritable issue de cette immense difficulté philosophique. La publication de ce Traité, enfin complété par ce quatrième volume, aura, je l'espère, pour résultat plus ou moins prochain, de faire nettement comprendre à toutes les hautes intelligences l'indispensable nécessité de cette condition fondamentale, de leur faciliter, en même temps, les moyens d'y satisfaire, et, par suite, d'utiliser bientôt, au profit de la réorganisation sociale, tant d'estimables efforts, jusqu'ici laborieusement stériles.