Note (retour) — PHILOSOPHIE POSITIVE. (continued 2)
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Une philosophie sociale qui, prenant la science réelle pour base générale indispensable, appelle immédiatement aujourd'hui l'esprit scientifique à régénérer le monde politique, semble, au premier aspect, devoir surtout attendre, sinon une coopération active, du moins des encouragemens énergiques et soutenus, de la part de la classe choisie qu'elle tend spontanément à élever par degrés à une aussi éminente position fondamentale. Je dois ici naïvement avouer que, dans mes premiers travaux de philosophie politique, j'ai essentiellement partagé cette illusion très naturelle, dont une longue expérience personnelle m'a seule ensuite péniblement détrompé. L'indifférence politique de la plupart des savans actuels, quoique vraiment monstrueuse, en un temps où les questions sociales sont les plus belles et les plus urgentes de toutes, me paraissait alors tenir principalement au profond dégoût intellectuel que doit, en effet, leur inspirer d'abord le caractère vague et arbitraire des méthodes qui président encore à de telles recherches, opposé à la parfaite rationnalité des procédés scientifiques. Mais, malgré l'incontestable influence de cette première cause, un examen ultérieur m'a depuis graduellement conduit à reconnaître d'autres motifs, à la fois moins honorables et plus puissans, d'après lesquels cette nouvelle philosophie doit très peu compter sur les dispositions favorables des savans actuels, si même elle ne doit pas craindre, à certains égards, leur résistance plus ou moins ouverte, partielle d'ailleurs ou momentanée, à la propre ascension politique de leur classe 17.