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Cours de philosophie positive. (3/6)

Note (retour) — PHILOSOPHIE POSITIVE. (continued 8)

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À cette analyse anatomique de l'appareil cérébral, il faudra joindre, dans un ordre d'idées entièrement distinct quoique parallèle, l'analyse purement physiologique des diverses facultés élémentaires, qui devra finalement être constituée, autant que possible, en harmonie scientifique avec la première: toute idée anatomique devra, à son tour, être provisoirement écartée dans ce second travail, au lieu de la fusion anticipée qu'on veut habituellement opérer entre les deux points de vue. Sous ce nouvel aspect, et abstraction faite de toute localisation, la situation actuelle de la phrénologie n'est guère plus satisfaisante. Car, la distinction spéciale des diverses facultés fondamentales, soit intellectuelles, soit même affectives, ainsi que leur énumération, y sont encore conçues le plus souvent d'une manière très superficielle, quoiqu'il n'y ait d'ailleurs aucune comparaison à faire, quant à la positivité, avec les vaines analyses métaphysiques. Si les métaphysiciens avaient confondu toutes leurs notions psychologiques et idéologiques dans une vague et absurde unité, il est fort probable que les phrénologistes, au contraire, ont trop multiplié aujourd'hui les fonctions vraiment élémentaires. Gall en avait établi vingt-sept, ce qui, sans doute, était déjà exagéré; Spurzheim en a porté le nombre à trente-cinq, et chaque jour il tend à s'augmenter, faute de principes rationnels d'une circonscription rigoureuse, qui puisse régler la verve facile des explorateurs vulgaires. À moins que la saine philosophie n'y mette ordre, tout phrénologue créera bientôt une faculté, en même temps qu'un organe, pour peu que le cas lui semble opportun, avec presqu'autant d'aisance que les idéologues ou psychologues construisaient jadis des entités. Quelle que soit l'extrême variété des diverses natures animales, ou même celle des différens types humains, il est néanmoins sensible, puisque les actes réels supposent presque toujours le concours de plusieurs facultés fondamentales, que cette multiplicité effective, fût-elle beaucoup plus grande encore, se trouverait suffisamment représentée d'après un très petit nombre de fonctions élémentaires relatives aux deux genres dans lesquels se subdivisent l'ordre moral et l'ordre intellectuel. Si, par exemple, le nombre total des facultés était réduit à douze ou à quinze très tranchées, leurs combinaisons binaires, ternaires, quaternaires, etc., correspondraient, sans doute, à des types bien plus multipliés qu'il n'en peut réellement exister, en se bornant même à distinguer, d'après le degré normal d'activité de chaque fonction, deux autres degrés nettement caractérisés, l'un supérieur, et l'autre inférieur. Mais l'exhorbitante multiplication des facultés fondamentales n'est pas, en elle-même, aussi choquante que la frivole irrationnalité de la plupart des prétendues analyses qui ont jusqu'ici présidé à leur distinction. Dans l'ordre intellectuel surtout, les aptitudes ont été presque toujours fort mal caractérisées, même abstraction faite des organes. C'est ainsi, pour me borner ici à un seul exemple très prononcé, qu'on a introduit une prétendue aptitude mathématique fondamentale, d'après des motifs qui auraient dû également conduire à créer autant d'autres aptitudes spéciales à l'égard de la chimie, de l'anatomie, etc., si toute la boîte osseuse n'eût pas été préalablement distribuée en irrévocables compartimens. La caractéristique a même été établie avec une telle légèreté, qu'on a choisi comme principal symptôme d'un semblable talent, l'insignifiante facilité que tant d'esprits médiocres apportent dans la rapide exécution des calculs numériques les plus automatiquement formulés, et qui, d'après le futile emploi qu'elle suppose d'un temps précieux, est, sans doute, beaucoup plus décisive ordinairement contre la capacité réelle de celui qui la présente qu'elle ne peut prouver en sa faveur. Un tel mode d'appréciation témoigne une profonde ignorance de la vraie nature des spéculations mathématiques, qui sont bien loin d'avoir un caractère intellectuel aussi spécial que l'imaginent les esprits disposés à confesser naïvement leur inaptitude à cet égard, sans soupçonner la portée des indications directes qu'ils fournissent ainsi contre eux à tout observateur philosophe. Quoique l'analyse des facultés affectives, nécessairement beaucoup plus tranchées, soit certainement bien moins imparfaite, elle présente néanmoins, dès le premier examen, plusieurs doubles emplois très sensibles. C'est ainsi, par exemple, que, après avoir justement admis la bienveillance et la sympathie comme dispositions élémentaires, Spurzheim a cru devoir ériger la justice en un nouveau sentiment fondamental, quoique ce ne soit évidemment que le résultat de l'usage de ces facultés, éclairé, en chaque cas, par une convenable appréciation intellectuelle des rapports sociaux 52.

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