← Table of contents
Coriolan

Note (retour) — ACTE DEUXIÈME

François Guizot translation

MÉNÉNIUS.—On me connaît pour un patricien d'humeur joviale, qui ne hait pas une coupe de vin généreux, pur de tout mélange avec une seule goutte du Tibre; qui a, dit-on, le défaut d'accueillir trop favorablement les plaintes du premier venu, d'être trop prompt, et de prendre feu comme de l'amadou pour le plus léger motif. On peut dire encore qu'il m'arrive plus souvent de converser avec la croupe noire de la nuit qu'avec le front riant de l'aurore. Mais tout ce que je pense, je le dis, et toute ma malice s'exhale en paroles. Lorsque je rencontre deux politiques tels que vous, il m'est impossible de les appeler des Lycurgues. Si la liqueur que vous me versez m'affecte désagréablement le palais, je fais la grimace. Je ne saurais dire que vos Honneurs ont bien parlé, quand je trouve des âneries dans la majeure partie de vos syllabes, et quoique je me résigne à supporter ceux qui disent que vous êtes de graves personnages dignes de nos respects, cependant ceux qui disent que vous avez de bonnes figures mentent effrontément. Si c'est là ce que vous voyez dans la carte de mon microcosme2, s'ensuit-il qu'on me connaisse bien aussi? Voyons, quels défauts votre aveugle perspicacité découvrira-t-elle dans mon caractère, si moi aussi je suis bien Connu?

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings