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Contes de Noël

Note (retour) — I VIEUX NOËLS

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—Parce que le roi, dit-on, y passait, lorsqu'il s'en venait de Pau pour aller à son château de Coarraze embrasser sa mère nourrice. Quand donc, au lieu de continuer devant soi on tourne à main droite, on trouve un grand champ de tuyas5, joli à voir, de loin, quand il est en fleurs, mais méchant à qui veut s'en approcher: tu sais comment il pique les pieds et les jambes nues des petits garçons désobéissants. Des serpents sont cachés là-dedans; aucune fleur n'y pousse, excepté, sur les bords, le safran violet, la fleur des trépassés qui vient à la Toussaint pour les morts dont les tombes sont abandonnées, que l'on dit. De ce terrain, on voit toute la plaine, tous les villages: Angaïs, notre église et le cimetière où ton pauvre père est enterré; Béouste, avec son clocher pointu qui sort des arbres; et, de l'autre côté du Gave, qui a l'air tout en vif-argent, Boeilh, Bezing, Assat; enfin, derrière, encore des coteaux et des villages et les montagnes, que les étrangers trouvent si jolies: paraît qu'il n'y en a pas, ailleurs, d'aussi belles; mais, à force de les voir, nous autres, nous n'y faisons plus attention. De là on aperçoit la fumée de toutes les chaumières, on voit passer sur les routes tous les chars, toutes les voitures, et le chemin de fer qui semble un serpent. Tu comprends si, à l'idée des esprits, c'est là un bon endroit pour examiner le pays, pour suivre les mouvements des habitants de la plaine, pour les guetter, les pister; aussi, de tout temps à jamais, il a été le rendez-vous des hades6 et des broutches7, il est hanté. Il y en a qui l'appellent le «camp de César» et qui disent qu'autrefois, il y a très longtemps de cela...

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