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Comment on Prononce le Français

Note 375 — VI.—LES VOYELLES NASALES

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Pour les noms propres, les finales de Berlin, Dublin, Eliacin, Ficin, Franklin, Guerchin, Kremlin, Pékin, Pérugin, Tessin, Tonkin, Wisconsin, Witikin(d), sont françaises depuis longtemps; on peut y ajouter Arg(u)in, Kœchlin, Vielé-Griffin, Yersin, Zeppelin, etc. A l’intérieur, outre Edimbourg, Fingal, Finlande, Irminsul, Minturnes, Simplon, Thuringe ou Vercingétorix, qui sont anciens, outre Robinson, Gœttingue, Tubingue et Zwingle, on nasalise aussi Chimborazo, Cintra, Damoreau-Cinti, Mincio et Vinci, Birmingham, Cincinnati, Lincoln, Lingard, Lynch et Singer. On nasalise également Champlain et Chamberlain (mais non Gainsborough), ainsi que Mein, Heinsius, Hussein-Dey, Seingalt et Steinkerque. On hésite pour certains mots, comme Stettin et Behring. On ne nasalise pas la finale de Boecklin, Brooklin, Darwin, Elgin, Emin-pacha, Erin, Erwin, Robin-Hood, Kazbin, Sakhalin (écrit aussi Sakhaline), Schwerin (quoique Mecklembourg soit francisé), Szegedin, Tien-tsin, Widdin, ni même Lohengrin, du moins en musique, car ce nom, qui sans doute nous appartient par l’origine, étant frère de notre national Ysengrin, nous est revenu par Wagner, qui l’a fait allemand. Si on nasalise certains noms flamands en -inck, comme Edelinck, Maeterlinck, il ne paraît guère possible de nasaliser les noms en -ing ou -ings, Essling, Kipling, Memling ou Hastings, ni Semipalatinsk; pas davantage le groupe intérieur ou initial de Kimberley, Himly, Timgad ou Wimpffen, de Berlichingen, Bolingbroke, Bonington, Buckingham, Elchingen, Finmark, Glinka, Grindelwald, In-salah, Interlaken, Inverness, Livingstone, Mac-Kinley, Mackintosh, Meiningen, Minnesinger, Pinturicchio, Strindberg, Swinburne, rio Tinto, Tyndall, Vinhlong, Waddington, Washington, Wellington, Westminster, Windsor, Zinder, etc., etc. Le groupe ein qui termine beaucoup de noms propres allemands, et qui se prononce aïn, en une syllabe, ne saurait se franciser en in, sauf dans Mein; mais il se francise parfois à moitié en èn: toujours la demi-francisation. Ainsi prenons Rubinstein (roubin’staïn): on nasalise in sans difficulté pour le franciser, parce qu’il est à l’intérieur du mot; mais quand il s’agit de la finale, tout le monde sait que les finales nasales sont propres au français: on tient donc à respecter l’n, comme on le fait dans Ibsen ou Beethoven, ou dans policeman, et c’est ei tout seul qui se francise comme dans Leibniz; on a ainsi Rubinstèn. Il n’y a pas grand’chose à dire à cela: on n’est pas obligé de savoir l’allemand, et tout vaut mieux que d’affecter de savoir ce qu’on ne sait pas. On fera bien cependant de prononcer à l’allemande Holbein et aussi Gérolstein.

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