Note 774 — S
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Registre a aussi fait exception pendant quelque temps, et pouvait s’écrire regître; l’s y est rétabli définitivement. Il se prononce dans maistrance, malgré maître. On ne prononce pas l’s de beef(s)teack, mais ce mot s’écrit beaucoup mieux bifteck.
Le cas de cheve(s)ne, unique dans les mots de la langue, est au contraire très fréquent dans les noms propres, sur qui l’Académie n’avait point autorité, et qui ont conservé malheureusement cet s inutile. Devant l et n surtout, les exemples en sont très nombreux, et jamais ou presque jamais l’s ne se prononce dans les noms français: ainsi Cha(s)les, Pra(s)lins, Ne(s)le, Pre(s)le, Champme(s)lé, l’I(s)le-Adam, Rouget de Li(s)le, et tous les noms où figurent I(s)le ou Li(s)le, A(s)nières, Duque(s)ne, Sure(s)nes, Que(s)ne, Fre(s)nel, Daume(s)nil et tous les noms en -mesnil, Ai(s)ne, Hui(s)ne, Co(s)ne, Do(s)ne, Ro(s)ny, etc., etc. Les mots qui font exception sont très rares: je ne vois guère qu’Isnard. Devant les autres consonnes, surtout devant le t, l’s se prononce ordinairement aujourd’hui pour des raisons diverses, ou simplement par altération analogique; ainsi l’s ne se prononçait pas dans Pasquier ou Estienne, de Maistre et Lemaistre, Testu et Testelin, et d’autres, et s’y prononce aujourd’hui généralement, tout comme dans Astrée, Coustou, Crespin, Demoustier, Espeuilles, Esquirol, Estaing, Esterel, Estrées, Lespinasse, Mesmer, Mistral, Monistrol, Montespan, Montesquieu, Pascal, Restaut, Restif (pas toujours), Robespierre, Sylvestre, etc., outre les noms cités dans la note précédente. Il y a pourtant un assez grand nombre d’exceptions qui se sont conservées tant mal que bien, devant des consonnes diverses, surtout m: Cha(s)te(l)lain, et les noms commençant par Cha(s)t-, Chre(s)tien de Troyes, d’E(s)préménil, duc d’E(s)cars, écrit aussi Des Cars, Du Gue(s)clin, Duhe(s)me, Fi(s)mes, He(s)din, l’E(s)toile, l’Ho(s)pital, Male(s)troit, Mene(s)trier, Me(s)mes, Me(s)vres, Pe(s)mes, Rai(s)mes, Saint-Me(s)min, Sole(s)mes, Vo(s)ges, etc. Dans les noms anciens, l’s se prononce, naturellement: Ascagne, Asdrubal, Asmodée, Aspasie, Avesta, Démosthène, Esculape, Esdras, Espagne (quoique épagneul n’ait pas d’s), Ismène, Israël, Istrie, Nestor, Thémistocle, etc., et même Eschine, et Eschyle, malgré la difficulté, et même devant un n ou un l, comme dans Misnie; Péla(s)ges seul fait exception, par la difficulté qu’il y aurait à prononcer l’s devant la syllabe muette ge, comme dans Vo(s)ges, mais l’s reparaît dans pélasgique, où la difficulté n’est qu’amoindrie. L’s se prononce également dans les noms étrangers, comme Asmodée, Disraéli, Dresde, Espartero, Erasme, Escobar, Escurial, Ismaël, Ispahan, Lisbonne, Mansfeld, Mesmer, Pasquin, Presbourg, Sleswig, Sobieski, Tasmanie, Toscane, Van Ostade, Velasquez, etc., et même devant un l, comme dans Islam, Islande, Isly ou Venceslas.