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Comment on Prononce le Français

Note 723 — R

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Pendant très longtemps l’r a été muet dans les mots en -ir, -oir et -eur à féminin -euse (probablement par confusion entre -eur et -eux). Etienne Tabourot, sieur des Accords, raconte, dans ses Bigarrures et Touches, qu’il a vu une enseigne, d’opticien sans doute, représentant des chats qui sciaient du bois, ce qui signifiait clairement: Aux chats scieux. Ce sont probablement les infinitifs en -ire et -oire qui ont provoqué la reviviscence de l’r dans ceux en -ir et -oir: seul sortir, pris substantivement, a résisté quelque temps. Quant aux mots en -eur, ce sont les grammairiens qui ont rétabli l’r, en distinguant le langage familier du langage soutenu, où ils exigeaient l’r partout; mais l’ancienne prononciation n’avait pas encore disparu du bon usage après la Révolution: «Un porteu, un porteu d’eau, le procureu du roi, c’est, dit Domergue, la prononciation de l’afféterie ou de l’ignorance.» Elle ne subsiste plus aujourd’hui que dans monsieu(r) et messieu(rs); mais péteux et oublieux ne sont qu’un reliquat de l’ancienne prononciation, ainsi que faucheux, doublet de faucheur. Pour piqueur, voir plus haut, p. 94. Dans les mots en -ar, -air, -or, -ur et -our, l’r s’est toujours prononcé. Cependant on a dit o(r) ça; on a aussi supprimé l’r dans pour: Tabourot, dans ses Bigarrures, assimile poulets trépassés à pou(r) les trépassés; et le peuple fait encore volontiers cette suppression, ainsi que dans bonjou’ M’sieu. Quant à su(r), qu’on entend encore dans le peuple devant un l (su l’ banc, su l’ journal), il est possible qu’il vienne de sus plutôt que de sur.

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