Note 956 — LIAISONS DES MUETTES
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C’est bien pour cela que ces hiatus apparents sont si fréquents chez Corneille: pour lui ce n’étaient pas des hiatus. Voyez, par exemple, dans Polyeucte, acte II, scène 2, la seconde tirade de Pauline: on y trouve trois rencontres qui, pour nous, sont des hiatus, et pour lui n’en étaient pas:
Ma raison, il est vrai, dompte mes sentiments. Votre mérite est grand, si ma raison est forte. Plaignez-vous en encor, mais louez sa rigueur.
Nous ne faisons plus ces liaisons. Dans le premier vers, nous nous tirerons d’affaire par une pause; dans les autres, nous subirons l’hiatus, et il faut avouer que le dernier est bien désagréable. La tirade suivante de la même Pauline offre encore deux rencontres pareilles en douze vers, et la première est également désagréable pour nous, parce que nous ne pouvons plus faire la liaison:
Hélas! cette vertu, quoique enfin invincible... Enfin épargnes-moi ces tristes souvenirs.
Ces liaisons des nasales se retrouvent dans le Midi, parfois même par-dessus une consonne: je tien(s) na dire... C’est probablement un reliquat d’une prononciation qui fut correcte à l’époque où l’on écrivait je tien.