Note 583 — G
Reading edition
On ne devrait pas non plus prononcer le g dans les noms chinois en -ang, -eng et -ong, où les Anglais ont mis un g, en transcrivant les noms, uniquement pour conserver à la finale le son nasal. C’est une méthode que le XVIᵉ siècle avait pratiquée en France même, et dont il nous reste plus d’une trace. Comment donc une telle orthographe a-t-elle pu nous tromper, nous qui écrivons encore rang, sang, long, etc., sans parler des graphies anciennes, soing, loing, témoing, etc.? Le mal vient de ce que nous avons l’habitude de prononcer toutes les consonnes dans les mots étrangers, par principe; on s’est donc mis en France, même les professeurs, à prononcer les g de tous ces mots en -ong, -eng, -ang, surtout -ang, oubliant qu’autrefois Tonkin s’écrivait Tong-King, sans se prononcer autrement, et que Kouang-Toung a donné Canton. Correctement, on devrait prononcer uniquement Kouan(g)-Toun(g); et de même Kouan(g)-Si, Yan(g)-tsé-Kian(g), Si-Kian(g), Kian(g)-si, Kian(g)-sou, Li- Hun(g)-Tchan(g), Louan(g)-Praban(g) et Samaran(g), aussi bien que Timour-Len(g) et Auren(g)-Zeyb, qu’on respecte davantage, et aussi bien Sou-Chon(g), Hon(g)-Kon(g), Mékon(g), Haïphon(g), etc. Les marins ne prononcent pas autrement, ni les marchands de thé Souchon(g). On ne devrait même pas prononcer le g dans Hoan(g)-Ho ou Shan(g)-Haï; toutefois, comme ici le second mot commence par une aspiration, comme, d’autre part, on écrit même aujourd’hui Shanghaï ou Changhaï, en un seul mot, il est naturel que le g s’y prononce, ne fût-ce que pour remplacer l’aspiration. Le g est aussi bien établi dans Lang-son. On pourrait au moins s’en tenir là.