Editorial note — NOTES HISTORIQUES.
Reading edition
(Page 15 de l’Éloge.) Le public accueillit l’ouvrage, et encouragea le jeune auteur. Un critique sévère trouvoit ce livre noblement écrit, et, en plusieurs endroits, avec beaucoup d’esprit et de génie. (Observations sur les écrits modernes, année 1740.) Un autre disoit: Je ne sais si Sparte et Athènes ont eu quelque citoyen plus éclairé que l’abbé de Mably sur leurs intérêts. (Mercure d’octobre 1740, page 2210, 2217).
L’auteur fut plus sévère que le public. Il trouva le livre mauvais, et il le dit: «Pour moi, quand je vins à revoir mon ouvrage de sang froid, je trouvai qu’un plan qui m’avoit paru très-judicieux, n’étoit en aucune façon raisonnable: nul ordre, nulle liaison dans les idées, des objets présentés sous un faux jour: ce n’étoient pas là les seuls défauts où m’avoit fait tomber la manie du parallèle, &c.». (Avertissement des observations sur les Romains.)
Il est rare de trouver une contradiction de cette nature entre un auteur et ses critiques: au reste, cet aveu noble et courageux annonçoit dès-lors un ami de la vérité, un homme droit et austère, et peut-être la conscience du talent qui se sent en état de mieux faire. «Au lieu de corriger mon parallèle incorrigible, ajoute-t-il, j’en fis deux ouvrages séparés et absolument nouveaux.» Ce sont les observations sur les Romains et les observations sur l’histoire de France.
Mably étoit tellement honteux du succès de son livre, qu’un jour, le trouvant chez M. le comte d’Egmont, il s’en saisit malgré ceux qui étoient présens, et le mit en pièces.