Editorial note — NOTES HISTORIQUES.
Reading edition
(Page 40 de l’Éloge.) Un prince à jamais regrettable, le Dauphin, père de notre auguste monarque, appeloit l’histoire la leçon des princes et l’école de la politique: il ajoutoit que l’histoire est la ressource des peuples contre les erreurs des rois. On n’en pouvoit donner une plus belle définition: il semble que Mably ait entrepris de la justifier.
Son traité de l’étude de l’histoire avoit d’abord été imprimé dans le cours d’études de l’abbé de Condillac son frère; il a été fait pour l’instruction du jeune prince, devenu duc de Parme et de Plaisance, en 1765.
Mably lui adresse la parole, comme Bossuet, dans l’Histoire Universelle, au grand dauphin. Le commencement en est admirable: Voulez-vous être un grand homme, lui dit-il, oubliez que vous êtes prince? &c. &c. Sans prétendre en aucune façon comparer la hauteur du génie et l’éloquence entraînante et sublime de l’aigle de Meaux à la sagesse de l’écrivain moderne, nous oserions dire que l’écrit du dernier, s’il étoit bien médité, est plus propre encore à former un prince à ses devoirs, à lui inspirer les sentimens de justice, à le prémunir contre l’empire des passions, et sur-tout à lui enseigner la route qu’il faut suivre pour faire le bonheur de ses peuples, que le chef-d’œuvre de l’éloquence française.
Il nous seroit facile de justifier par des citations tous les éloges que nous avons faits de ce traité; mais nous aimons mieux espérer qu’enfin on le lira: d’ailleurs ces notes sont déjà trop longues. Un écrivain qui paroît avoir beaucoup médité sur ces matières, dit, en parlant de ce livre de l’étude de l’histoire: «Nous croyons que la première partie de ce petit ouvrage est ce que M. l’abbé de Mably a jamais imprimé de plus neuf et de plus utile.» (Jugement sur l’ouvrage de Pierre Chabrit, par M. Garat.)