Editorial note — NOTES HISTORIQUES.
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(Page 36 de l’Éloge.) C’est M. le comte Wielhorski qui fut chargé par les confédérés de Pologne de consulter en France le philosophe de Genève et l’abbé de Mably. Jean-Jacques en fait un bel éloge; et c’est à lui que Mably adressa son ouvrage: on n’en fit tirer qu’un très-petit nombre d’exemplaires, que l’auteur donnoit à ses amis et à ceux qu’il honoroit d’une confiance particulière.
En 1770 l’abbé de Mably avoit fait avec cet excellent patriote un voyage en Pologne, pour mieux étudier la nation sur laquelle il avoit à travailler: il y demeura plus d’un an avec lui.
Son ouvrage pour cette république, et son séjour dans le pays, y ont laissé un tendre souvenir d’estime et de reconnoissance. Nous avons vu une lettre du prince Potocki, où tous ces sentimens sont exprimés d’une manière bien honorable pour l’abbé de Mably. Nous citerons une partie de cette lettre, datée de Warsovie le 2 septembre 1777.
«Monsieur, vous jouissez du privilége des hommes célèbres: connu dans les pays les plus éloignés, vous ignorez ceux qui vous lisent et que vous éclairez. On a toujours cherché, consulté et quelquefois ennuyé les philosophes: souffrez, à ce titre, les désagrémens de votre état. Le conseil préposé à l’éducation nationale, m’a chargé, monsieur, de suppléer aux livres élémentaires pour lesquels il n’a plus jugé de publier la concurrence: de ce nombre est la logique. Comme je connois votre ouvrage, et que le conseil a suivi vos principes dans le systême de l’instruction publique pour les écoles Palatinales, personne assurément ne sauroit mieux que vous remplir cette importante tâche. Vous avez travaillé pour un prince souverain, refuseriez-vous d’appliquer votre ouvrage à l’usage d’une nation qui devroit l’être?.... Si vos occupations ne vous permettoient pas d’entreprendre cet ouvrage, vous me feriez un plaisir bien sensible de m’indiquer la personne que vous croiriez en France, aidée de vos lumières et de votre direction, en état de répondre à nos vues: ce ne sera toujours qu’un de vos élèves. Il est à souhaiter pour l’humanité que vous en ayez dans toutes les nations. Je suis, etc.
Ignace Potocki.»