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Collection complète des oeuvres de l'Abbé de Mably, Volume 1 (of 15)

Editorial note — NOTES HISTORIQUES.

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(Page 26 de l’Éloge.) Cette production en paroissant, fut estimée l’une des meilleures du siècle; et quand la société de Berne lui décerna la couronne, ce n’est point suivant l’usage ordinaire des académies, qui ne proclament que les ouvrages dont elles ont elles-mêmes donné le sujet; ce fut un choix fait sur la foule des livres qui paroissent journellement en Europe, et qui se fixa sur celui qu’on regarda comme le plus utile à l’humanité entière: c’étoit le premier exemple d’un pareil concours.

La même chose s’est renouvelée en 1765. La république décerna une semblable couronne à l’auteur du traité des délits et des peines, comme une marque d’estime due à un bon citoyen, qui ose élever sa voix en faveur de l’humanité contre les préjugés les plus affermis.

On ne se rappelle pas que d’autres écrits aient depuis partagé le même honneur.

Nous n’ajouterons qu’une seule remarque sur les entretiens mêmes de Phocion, donnés sous le nom de Nicoclès, l’un des disciples de ce grand homme.

Il y est dit: que l’amour de la patrie doit être subordonné à l’amour de l’humanité. Peut-être cette maxime, ainsi énoncée, est-elle le seul passage qui décèle l’ouvrage d’un moderne. L’amour de la patrie, chez les anciens, étouffoit, ou du moins diminuoit tout autre sentiment. L’auteur l’a senti; aussi dans les notes prétend-il que Phocion a puisé cette doctrine à l’école de Platon son maître, qui la tenoit de Socrate, qui, le premier des philosophes, appliquant la philosophie à l’étude des mœurs, se crut citoyen de tous les lieux où il y a des hommes.» (V. Entr. de Phocion, p. 122, 123, 124.)

Il est certain que ce sentiment de bienveillance universelle, tout sublime qu’il est, doit affoiblir l’amour de la patrie, qui, comme toutes les sortes d’amours, n’est qu’un sentiment de préférence.

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