Note 360 — IX CONCLUSION
Reading edition
C'est le mot de Gibbon, Hist. de la décadence de l'Empire romain, t. VII, ch. 38, p. 24, Paris 1812. Il ne faut pas cependant, comme l'ont fait depuis un siècle une multitude d'écrivains (en dernier lieu Lecoy de la Marche, La fondation de la France, 1893, pp. 64 et 100, qui fait sur l'origine du mot des raisonnements hors de saison) lui faire dire que «les évêques ont fait la France comme les abeilles font leur ruche.» Sous cette forme, le mot est le produit de la collaboration très involontaire de Gibbon et de Joseph de Maistre, ou plutôt de la légèreté avec laquelle on a lu ce dernier. Voici comment s'exprime Gibbon en parlant des évêques: «Les progrès de la superstition augmentèrent leur influence, et l'on peut attribuer en quelque façon l'établissement de la monarchie franque à l'alliance de cent prélats qui commandaient dans les villes révoltées ou indépendantes de la Gaule.» Et voici ce qu'écrit J. de Maistre dans le livre Du Pape (éd. Pélagaud, 1870, p. 7): «Les évêques, c'est Gibbon qui l'observe, ont fait le royaume de France; rien n'est plus vrai. Les évêques ont construit cette monarchie, comme les abeilles construisent une ruche.»