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Clovis, Tome 1 (of 2)

Note 483 — VI LE BAPTÊME DE CLOVIS

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La plupart des historiens, induits en erreur par le langage vague de Grégoire de Tours, II, 30 (populus qui sequitur me), se sont figuré qu'il s'agissait de toute l'armée franque. Mais: 1º l'armée avait été licenciée après la campagne, et elle était rentrée dans ses foyers; d'ailleurs elle était composée de Romains catholiques aussi bien que de barbares païens; 2º il est peu vraisemblable que cette armée ne comprît que trois mille hommes, comme on l'a supposé d'après le nombre de ceux qui reçurent le baptême avec Clovis; Grégoire d'ailleurs dit: de exercitu amplius tria millia, ce qui est tout autre chose; 3º Clovis avait certainement une bande, et dès lors il ne peut pas ne l'avoir pas consultée; mais Grégoire n'a probablement pas eu une idée très nette de cette institution, et de là les termes fort généraux qu'il emploie. Dire avec M. Levison, Bonner Jahrbücher, t. 103, p. 56, que j'enlève au récit de Grégoire son caractère miraculeux pour y substituer une explication rationaliste, c'est faire une pétition de principe, car il faudrait d'abord prouver que pour Grégoire de Tours, l'adhésion spontanée du populus à la foi de Clovis est l'œuvre d'un miracle. La seule preuve qu'en ait M. Levison, c'est que cet auteur dit que la chose arriva præcurrente potentia Dei, comme si l'emploi de cette formule très générale suffisait, chez un écrivain du sixième siècle, pour faire considérer son récit comme mélangé de données d'ordre surnaturel et, par suite, pour le faire rejeter comme légendaire. Si les faits se sont passés comme Grégoire le raconte, un rationaliste peut fort bien les admettre et en donner une explication naturelle, tout en laissant à l'écrivain chrétien le droit de croire qu'ils se sont ainsi passés par la volonté de Dieu.

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