Note 403 — II LA CONQUÊTE DE L'ENTRE-SEINE-ET-LOIRE
Reading edition
Grégoire de Tours, Gloria martyrum, c. 59. Dans la première édition de ce livre, j'avais admis avec Ruinart, note à Grégoire de Tours l. c., que Chillon était un Franc, ainsi que son armée. Après plus mûr examen, je me suis convaincu que cette opinion n'est guère soutenable. Grégoire de Tours n'a pu penser à nous présenter la délivrance de Nantes du joug des Francs comme un bonheur; il était Franc lui-même, et très loyaliste, comme d'ailleurs tout le monde au sixième siècle en Gaule. De plus, devait-il considérer comme un miracle une délivrance qui n'en était pas une, puisqu'en fait Nantes tomba et resta sous l'autorité franque comme toute la Gaule? Les termes mêmes employés, tempore regis Clodovechi, semblent bien indiquer que l'événement n'a avec Clovis qu'un rapport chronologique. Combien, au contraire, tout l'épisode s'illumine vivement si l'on admet que les barbares qui essayent de prendre Nantes, mais qui en sont chassés miraculeusement, sont les Saxons du voisinage, les éternels ennemis! Cf. Meillier, Essai sur l'histoire de la ville et des comtes de Nantes, publié par L. Maître, (Nantes, 1872, p. 25). et Arth. de la Borderie, Histoire de Bretagne, t. I, p. 329.