Note 380 — I LES DÉBUTS DE CLOVIS ET LA CONQUÊTE DE LA GAULE ROMAINE
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Vita sancti Maximini dans dom Bouquet, III, pp. 393 et suivantes. Cf. Bertarius, Gesta episcoporum Vadunensium, c. 4. (MGH. SS. t. IV, p. 41). Cet épisode n'étant pas daté, il est fort difficile de lui assigner une place certaine dans l'histoire de Clovis. Le document même auquel je l'emprunte parle de la defectio et de la perduellio des Verdunois, ce qui ferait croire que la ville avait déjà subi le joug des Francs; mais en même temps il place cet événement dans les toutes premières années du règne de Clovis, à preuve ces paroles: Sed cum auspicia ejus regni multimodis urgerentur incursibus, sicut se habent multorum voluntates, quæ cupidæ sunt mutationum, et rebus novellis antequam convalescant inferre nituntur perniciem vel difficultatem, plurimi tales in regno ejus reperti sunt talium cupidi rerum. Inter ceteros vero cives Viridunensis opidi defectionem atque perduellionem dicuntur meditati. La chronologie n'était pas le fort des écrivains du moyen âge; aussi ont-ils été bien embarrassés de savoir où placer le siège de Verdun. Aimoin le place aussitôt après le baptême de Clovis, en 497, probablement parce que l'attitude du roi après le siège lui semblait trahir un chrétien; il a été suivi par A. de Valois, I, p. 271, qui donne les mêmes raisons. Hugues de Flavigny, qui paraît avoir été frappé par la dernière partie du témoignage du Vita Maximini et n'avoir pas saisi la seconde, a cru devoir rejeter le siège de Verdun après le meurtre de Sigebert de Cologne et de son fils, ce qui en fait comme une protestation contre le crime de Clovis. Cette manière de voir a été adoptée par Dubos, III, p. 375; par dom Bouquet, III, pp. 40 et 355 (dans les notes); par Rettberg, Kirschengeschichte Deutschlands, t. I, p. 265; par Pétigny, II, p. 575; par Loebell, Gregor von Tours, p. 269, note 2, et par M. Longnon, Géographie de la Gaule au VIe siècle, p. 89. Junghans, p. 32, et Clouët, Histoire de Verdun, p. 78, n'osent se prononcer. Je me suis rallié à la date de 486 ou 487: 1º parce que le texte du Vita, dont nous possédons des manuscrits du dixième siècle, est formel, et que son témoignage n'implique ni obscurité ni contradiction; 2º parce qu'en effet, vers 486, nous voyons mourir à Verdun l'évêque Possessor, tandis que ses successeurs, Firminus et Victor, meurent l'un en 502, l'autre en 529, c'est-à-dire à des dates qui ne concordent avec aucune des autres hypothèses formulées: 3º parce que la relation établie entre le siège et le meurtre de Sigebert est chimérique, comme on le verra plus loin.