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Chroniques de J. Froissart, tome 08.1/13

Note 267 — SOMMAIRE.

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Nous ne connaissons aucun acte de Du Guesclin daté du «siège devant Derval», comme on aurait dit alors en style de chancellerie. Depuis le 6 juillet, date du traité de capitulation de Brest et de la levée du siège de cette place, jusqu’à la fin d’août où Bertrand quitta la Bretagne pour se rendre à Paris d’abord et ensuite dans le corps d’armée du duc de Bourgogne, le connétable de France paraît avoir employé cet intervalle de deux mois environ à prendre possession d’un certain nombre de places de la partie septentrionale de la Bretagne, c’est-à-dire des évêchés de Tréguier, de Saint-Brieuc, de Saint-Malo et de Rennes. Le 11 juillet, il était à Tréguier, où il fit une donation à Guillaume de Kermartin, écuyer (Hay du Chastelet, Hist. de Du Guesclin, p. 383; D. Morice, Preuves, II, col. 76, 77), et où il confirma les privilèges maritimes de l’église et de la ville (Bibl. de l’École des Chartes, VIII, 235). Le lendemain 12, il s’était transporté à Moncontour (Moncontour-de-Bretagne, arr. Saint-Brieuc), d’où il a daté une donation faite à Alain de Guihemarrou de biens sis dans la châtellenie d’Auray et confisqués sur Pierre de Guymarrou, partisan des Anglais (Arch. Nat., JJ 112, no 158, fo 94). Le 28 juillet, il était rentré à Rennes, d’où il était parti un peu après le 19 mai précédent, comme l’atteste une charte datée de cette ville et par laquelle il manda à Perrot Nepveu, receveur de l’ordinaire, à Alain du Bouais, receveur de l’extraordinaire et des fouages de l’évêché, de ne plus faire obstacle au payement des ouvriers employés par les Frères Prêcheurs à la construction d’une église dans les faubourgs de la dite ville (Arch. dép. d’Ille-et-Vilaine, série H, carton 5, no 2). Dans le courant du mois d’août, sans doute dans les premiers jours de ce mois, c’est-à-dire à la date fixée pour la reddition de Brest, le connétable de France était revenu camper à peu de distance de cette place, puisque nous avons des lettres de rémission ou de grâce émanées de Bertrand du Guesclin, duc de Molina, et datées «de Mout Relaix, ou mois d’aoust 1373»; Moutrelaix, c’est Morlaix, et ces lettres furent octroyées à un écuyer au service du duc de Bourbon, nommé Guillaume de Mars, qui avait rossé deux ou trois habitants de Cusset en Auvergne (Arch. Nat., JJ 104, no 302, fo 126). Le 14 août, Bertrand passait à la Roche-Derrien (Côtes-du-Nord, arr. Lannion), où il enjoignit au capitaine de cette place de maintenir les franchises de l’église, de la ville et de la banlieue de Tréguier; ce capitaine était alors Bertrand de Saint-Pern (Bibl. de l’École des Chartes, VIII, 237-239). Enfin, le 20 août, il était pour la seconde fois de retour à Rennes, où il notifia la levée d’un subside de 1 franc ou 20 sous par feu dans les cinq diocèses de Rennes, de Dol, de Saint-Malo, de Saint-Brieuc et de Vannes, subside destiné au payement des gens d’armes employés au siège de Derval, «jaçoit ce que l’en ait encommencié treitié avec les gens d’armes ou dit lieu, pour les garder qu’ils ne dommagent le peuple, celui treitié pendant, et pour paier certaine somme de chevance que l’en leur a accordé paier le jour de la Saint Michiel prochaine, et auxi pour paier certaine somme à messire Robert Richier pour cause de Becherel.» (D. Morice, Preuves, II, col. 77). Cette mesure fut, selon toute apparence, l’un des derniers actes d’autorité exercés en Bretagne par Du Guesclin, qui était alors à la veille de quitter le duché, puisqu’il dut arriver à Paris dans les derniers jours d’août (Voy. p. XCII, note 291).

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