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Chroniques de J. Froissart, tome 08.1/13

Note 196 — SOMMAIRE.

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Le 28 avril 1373, cinq semaines après l’affaire de Chizé, Jean, duc de Berry, était à Niort, d’où il envoya Jean Blondeau, l’un de ses valets de pied, porter lettres au sénéchal de Poitou: «A Jehan Blondeau, vallet de pié, pour porter lettres de par monseigneur (Jean, duc de Berry), de Nyort au seneschal de Poitou (Alain de Beaumont). Yci le dit jour (28 avril 1373), XV sols.» (Arch. Nat., KK 251, fo 94 vo.) L’occupation n’eut pas lieu sans coup férir, puisque l’intrépide écuyer breton Jean de Kerlouet fut tué devant Niort. Ce fut aussi sans doute à cette occasion que périt le maître de ce chien dont parle l’auteur du Ménagier de Paris (éd. Jérôme Pichon, I, 94), auquel le duc de Berry, probablement pendant un séjour qu’il fit à Niort du 18 au 25 juillet 1373 (Arch. Nat., KK 251, fo 105 vo), assura une pension alimentaire, pour le récompenser de sa fidélité envers son maître défunt sur la tombe duquel il se tenait, sans vouloir la quitter, depuis trois mois. D’après Cuvelier (Chronique rimée de B. du Guesclin, II, vers 22 486 à 22 504), Du Guesclin, ayant défait à Chizé les garnisons anglaises réunies sous le commandement de Jean Devereux, aurait fait revêtir à ses gens les cottes d’armes des Anglais et aurait pris ainsi Niort par surprise. Cette version s’accorde avec celle de Froissart pour placer la prise de Niort presque immédiatement après le combat de Chizé qui fut livré, comme on l’a vu plus haut, le 21 mars. Il y a tout lieu, par conséquent, d’accepter une tradition qui avait cours à Niort dès la fin du XVe siècle et qui fixait au 27 mars la reprise de cette ville par Bertrand du Guesclin. Voici, en effet, ce qu’on lit dans le plus ancien registre conservé sous le no 881 aux Archives municipales de Niort; c’est le compte de Geoffroi Faifeu, receveur du 1er juillet 1487 au 1er juillet 1488: «Item, à messire Jehan Bonnet, viquayre de l’eglise paroschiale de Nostre Dame de la dicte ville, la somme de cinq solz pour la messe dicte à notte, à dyacre et soubzdyacre, du jour de la reprinse de la ville qui fut le XXVIIe jour du dit moys de mars.» En souvenir de cet événement, les habitants de Niort firent construire une chapelle, dite de Recouvrance, dont le nom s’est conservé jusqu’à nos jours dans un lieu-dit situé à l’extrémité du territoire de cette ville, sur le bord de la route de Fontenay-le-Comte. C’était l’usage de se rendre tous les ans en procession à cette chapelle, le 27 mars, anniversaire de la «recouvrance» de Niort sur les Anglais; cet usage paraît être tombé en désuétude vers la fin du XVIe siècle, à l’époque des guerres de religion qui amenèrent en Poitou l’abandon de quelques cérémonies publiques du culte en même temps que la destruction de plusieurs dépôts d’archives et d’un certain nombre de monuments religieux. A la date du 22 juillet 1373, Guillaume de la Mousse était châtelain de Niort pour Jean, duc de Berry (Arch. Nat., KK 251, fo 105 vo). A cette même date, Owen de Galles était capitaine de la Tour de Broue (Ibid., fo 95 vo), Tristan Rouaut de Thouars, André Rouaut de Marans (Ibid., P 128 vo), Maurice du Parc de la Rochelle (Bibl. Nat., Decamps, 84, fo 177 vo), Alain de Beaumont de Saint-Maixent et de Saintes (Ibid., fo 94 vo) et Thibaud du Pont de Rochechouart et d’Angoulême (Ibid., fo 128). Les Anglais continuaient d’occuper Cognac (Ibid., fo 129) qui ne fut repris par du Guesclin que le 1er juin 1375 (Grandes Chroniques de France, VI, 346).

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