Note 1 — SOMMAIRE.
Reading edition
Bertrand du Guesclin avait été institué connétable de France, le 2 octobre 1370 (voyez le tome VII de cette édition, sommaire, p. CXVI, note 341note 341). Le 24 du même mois, il était à Pontorson, où il conclut un pacte d’alliance et de fraternité d’armes avec Olivier, seigneur de Clisson, naguère partisan de Jean de Montfort et des Anglais, mais rallié complètement à la cause de Jeanne de Penthièvre et de Charles V depuis 1369 (Dom Morice, Preuves de l’hist. de Bretagne, I, col. 1631 et 1632; Secousse, Recueil de pièces relatives à Charles II, dit le Mauvais, roi de Navarre, p. 380 et 381). Le texte de ce curieux pacte a été publié par dom Morice d’après l’original conservé aux archives du château de Blain (Ibid., col. 1642 et 1643) et réimprimé par M. de Fréminville (Hist. de du Guesclin, p. 475 à 477). Le 6 novembre suivant, Bertrand se trouvait à Caen, où il reçut la montre de Jean de Mauquenchy, dit Mouton, seigneur de Blainville, maréchal de France, qui servit du 6 novembre au 6 décembre sous le connétable avec 7 chevaliers bacheliers et 24 écuyers (Bibl. Nat., Pièces originales, vol. 1433, dossier Du Guesclin, no 30). Ce fut alors que le connétable, s’il faut en croire Cuvelier, distribua l’argent qu’il avait rapporté d’Espagne, engagea ou vendit sa vaisselle pour assurer la solde du corps d’armée en voie de formation (Chronique rimée de B. du Guesclin, II, p. 159 à 162, vers 17 969 à 18 064). Ce qui rend cette assertion très vraisemblable, c’est que, par acte en date du 7 janvier 1371 (n. st.), Charles V, dont la générosité était le moindre défaut, donna une somme de 2000 francs d’or à Thiphaine Raguenel, duchesse de Molina et comtesse de Longueville, «pour lui aidier à soustenir son estat» (Delisle, Mandements de Charles V, no 742, p. 381 et 382). D’après l’auteur de la Chronique rimée de B. du Guesclin (II, p. 158, vers 17 951 à 17 959), ce serait Bertrand qui aurait conseillé au roi de France de soumettre à un emprunt forcé ses officiers et les «chaperons fourrés», c’est-à-dire les gens de son Parlement et de la Chambre des Comptes. Ici encore le témoignage de Cuvelier est confirmé par les documents originaux. Il résulte, en effet, d’une foule d’actes que, de la fin d’octobre aux derniers jours de décembre 1370, Charles V soumit à un emprunt forcé les bourgeois de quelques-unes de ses bonnes villes, notamment de Paris, de Rouen, de Gournay, les conseillers au Parlement et les officiers de sa maison, entre autres le fameux Guillaume Tirel, dit Taillevent, son cuisinier (Delisle, Mandements de Charles V, p. 372 et 373; voyez aussi le discours que nous avons prononcé à la séance publique annuelle de la Société de l’histoire de Normandie, le 21 mars 1882, p. 10 et 11 du tirage à part). Soit qu’il crût la basse Normandie menacée par des bandes de l’armée d’invasion conduite par Robert Knolles, soit qu’il n’eût pas encore achevé la concentration de ses forces, le connétable resta à Caen jusqu’au 1er décembre 1370, jour où il envoya de cette ville aux trésoriers des guerres la montre de sa compagnie d’hommes d’armes composée de 23 chevaliers bacheliers et de 270 écuyers (Hay du Chastelet, Histoire de B. du Guesclin, p. 333 à 335; La Roque, Histoire de la maison de Harcourt, IV, 2305; dom Morice, Preuves, I, col. 1644 et 1645).