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Chroniques de J. Froissart, tome 08.1/13

Note 316 — SOMMAIRE. (continued 2)

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Hautes-Pyrénées, arr. Argelès, à 19 kil. au sud-ouest de Tarbes. Quoi qu’en ait dit dom Vaissete, dont le principal annotateur de la nouvelle édition de l’Histoire générale de Languedoc, M. A. Molinier, a accepté sur ce point les conclusions (IX, 835, 843, note 1; X, 117), il n’y a point lieu de distinguer deux expéditions du duc d’Anjou contre les places anglo-gasconnes du comté de Bigorre, l’une qui se fit réellement du milieu de juin au 7 juillet 1373, l’autre que l’on aurait recommencée du 14 juin au 8 juillet de l’année suivante. Quant à l’expédition très réelle de 1373, trois actes vidimés dans les registres du Trésor des Chartes l’établissent avec la dernière évidence. Le premier de ces actes par lequel Louis, duc d’Anjou, donne au comte d’Armagnac la viguerie de Goudon en Bigorre (Hautes-Pyrénées, arr. Tarbes, c. Tournay) est daté «en nos tentes devant Mauvoisin», le 20 juin 1373 (Arch. Nat., JJ 105, no 55, fo 37 vo). Le second acte, par lequel ce même duc gratifie le dit comte d’une autre viguerie du comté de Bigorre, celle de Mauvezin, et aussi de la cité de Capvern, confisquées sur le vicomte de Castelbon rebelle, a été dressé «en nos tentes devant Lourdes», le dernier jour de juin, c’est-à-dire le 30 juin suivant (Ibid., no 73, fo 47). Enfin, la date d’une confirmation faite par le duc d’Anjou d’un acte antérieur est ainsi conçue: «in tentis nostris ante Lourdam, anno Domini millesimo trecentesimo septuagesimo tercio, mense junii» (Ibid., JJ 149, no 296, fo 148 vo). Dès 1867, un érudit du Bigorre, M. Curie-Seimbres, avait assigné sa véritable date à la campagne du duc d’Anjou en Bigorre; malheureusement, il s’est trompé à son tour en faisant assiéger Lourdes, au mois de juin 1373, par Du Guesclin qui guerroyait alors en Bretagne (Mém. de la Soc. des Hautes-Pyrénées, année 1867, p. 104, 105). Quoi qu’il en soit, il demeure certain que le siège de Mauvezin, puis de Lourdes, par le duc d’Anjou, pendant la seconde quinzaine de juin 1373, est établi par des actes et ne saurait être contesté, tandis que la prétendue expédition de ce même duc et de Du Guesclin contre Saint-Sever et Lourdes en 1374, soit du 8 juillet au 1er août, soit, comme le suppose M. A. Molinier, du 14 juin au 8 juillet, est en contradiction avec des documents authentiques, au moins en ce qui concerne le connétable de France. Froissart, ayant commis l’erreur de faire guerroyer le duc d’Anjou en Bretagne pendant la première moitié de 1373, a rapporté sans doute à l’année 1374 des faits de guerre qui s’étaient passés précisément un an auparavant et qu’il n’aurait pu, sans se contredire, mentionner à leur date véritable. L’erreur de dom Vaissete et des nouveaux éditeurs de l’Histoire générale de Languedoc est d’autant plus singulière qu’ils ont connu deux des pièces dont nous venons de donner l’analyse (Hist. de Languedoc, IX, 835, note 5).

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