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Chroniques de J. Froissart, tome 07/13

Note 77 — SOMMAIRE.

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Cette assertion est très-inexacte. Don Enrique ne se rendit point auprès de don Pedro IV, qui venait de conclure un traité d’alliance avec les rois de Navarre et d’Angleterre. Ce que le rival de don Pèdre pouvait alors attendre de mieux du roi d’Aragon, c’était une sympathie dissimulée et une neutralité effective. Il chercha et il trouva un allié plus puissant, et cet allié ne fut autre que le duc d’Anjou, lieutenant en Languedoc du roi de France. Nous avons été assez heureux pour retrouver le texte d’un traité secret qui avait échappé jusqu’à ce jour à toutes les recherches. Par acte daté d’Aigues-Mortes au diocèse d’Arles, le 13 août 1367, don Enrique, roi de Castille et de Léon, représenté par Alvarez Garcia, chevalier, Pero Fernandez de Velasco, damoiseau, ses conseillers, et Gomez Garcia, chancelier de son sceau secret, et Louis, duc d’Anjou, représenté par François de Périllos, vicomte de Rodes, et Pierre d’Avoir, seigneur de Châteaufromont, contractèrent une alliance offensive et défensive contre Édouard, roi d’Angleterre, et ses enfants, spécialement Édouard, prince de Galles, Jean, duc de Lancastre, et Lionel, ainsi que contre Charles, roi de Navarre, et don Pèdre «qui nuper dictum regnum Castelle tenere solebat». Arch. Nat., sect. hist., J 1036, no 26.—Don Enrique confirma ce traité au château de Roquepertuse le 8 septembre suivant (Hay du Chastelet, Hist. de B. du Guesclin, p. 320). Par conséquent il ne se mit pas en marche pour rentrer en Espagne vers le milieu d’août, comme l’affirme Mérimée (Hist. de don Pèdre, édit. de 1865, p. 499). Vers la fin de septembre au plus tôt, le vaincu de Najera, entrant par la vallée d’Aran dans le comté de Ribagorza, ne fit que passer à Estadilla et à Balbastro, villes qui font partie de l’Aragon; il ne s’arrêta que devant Calahorra, c’est-à-dire lorsqu’il eut mis le pied en Castille. (Zurita, Anales, édit. de 1610, II, 349.) Le duc d’Anjou avait chargé le sénéchal de Carcassonne et Bernard de Villemur de faire la conduite à son allié jusqu’à l’entrée de la vallée d’Aran (Dom Vaissete, IV, 580, note XXVII).

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