Note 55 — SOMMAIRE.
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Henri, duc de Lancastre, n’ayant pu parvenir au commencement de septembre 1356 à opérer sa jonction par les Ponts-de-Cé avec le prince de Galles, mit le siége devant Rennes. Ce siége, qui suivit immédiatement le désastre de Poitiers et qui dura neuf mois, du 2 octobre 1356 au 5 juillet 1357, est le pendant du siége de Calais après la défaite de Crécy; une si longue et si honorable défense releva un peu les courages du côté des vaincus. Charles de Blois, alors prisonnier sur parole du roi d’Angleterre, se tint pendant toute la durée du siége à la cour du dauphin (Morice, Preuves, t. 1, col. 1513; JJ89, no 276; JJ85, no 115; JJ89, no 312). Le duc de Normandie envoya, dès le mois de décembre 1356, Thibaud, sire de Rochefort, au secours des assiégés (Morice, Preuves, t. 1, col. 1512 à 1514). En dépit de la trêve conclue à Bordeaux le 23 mars 1357, Lancastre ne voulait pas lever le siége de Rennes; il fallut deux lettres du roi d’Angleterre, la première en date du 28 avril, la seconde du 4 juillet 1357 (Rymer, vol. III, p. 353 et 359), pour vaincre la résistance de son lieutenant, qui n’en obligea pas moins les habitants de la ville assiégée, quoi qu’en aient dit des historiens bretons plus patriotes que véridiques, à se racheter et à payer au vainqueur une contribution de guerre considérable (Morice, Preuves, t. I, col. 1522).—Dans les premiers mois de 1357, Charles dauphin avait chargé Guillaume de Craon, son lieutenant en Anjou, Maine, Poitou et Touraine, d’inquiéter le duc de Lancastre et d’obliger les Anglais à lever le siége de Rennes (JJ89, nos 37 et 127). C’est alors seulement que Bertrand du Guesclin pénétra dans l’intérieur de la place, car, comme le dit Cuvelier dans son poëme (v. 1080 et 1081):