Note 46 — SOMMAIRE.
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Dès leur première réunion à Paris le 17 octobre 1356, les États avaient demandé: 1o la délivrance du roi de Navarre; 2o la destitution des principaux membres du conseil du roi et du dauphin; 3o l’établissement d’un nouveau conseil entièrement pris dans le sein des États eux-mêmes. Licenciés le 2 novembre suivant par le dauphin, puis rappelés le 5 février 1357, ils réclament de nouveau, dans la séance du 3 mars, par l’organe de Robert le Coq, évêque de Laon, en même temps que la destitution de vingt-deux hauts fonctionnaires et la suspension de tous les officiers du royaume, la création d’un grand conseil de réformateurs généraux nommés par les États qui ordonneront souverainement de la guerre et des finances; dès le vendredi 10 mars, ils organisent ce grand conseil tiré de leur sein et qui concentre en ses mains tous les pouvoirs. Ce conseil n’était pas composé de 36 membres, comme le dit Froissart, mais seulement de 34 dont 11 appartenaient au clergé, 6 à la noblesse et dont 17 représentaient la bourgeoisie. M. Douet d’Arcq a publié leurs noms (Bibl. de l’École des Chartes, t. II, p. 382 et 383) qui se trouvent au dos d’un rouleau conservé au dép. des mss. de la Bibliothèque nationale. Par acte daté du Louvre lez Paris le 8 mars 1357 (n. st.), Charles, lieutenant du roi, nomma réformateurs généraux par tout le royaume ses amés les évêques de Nevers (Bertrand de Fumel), de Meaux (Philippe de Vitry, le traducteur d’Ovide, mort en juin 1361), et de Thérouanne (Gilles Aycelin de Montagu), maître Jean de Gonnelieu, doyen de Cambrai, maître Robert de Corbie; messire Mahieu, sire de Moucy, messire Jean de Conflans, maréchal de Champagne, chevaliers; Colard le Caucheteur, bourgeois d’Abbeville, Jean Godart, bourgeois de Paris (JJ89, no 150). Ces réformateurs se contentèrent d’imposer aux fonctionnaires convaincus de concussion des amendes pécuniaires (JJ89, nos 150, 319).